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Rétrospective 25 ans : 2000 et 2003, les scintillements de la tour Eiffel

À l'occasion du 25e anniversaire de sa naissance, JARNIAS présente tout au long de l'année 2018 une rétrospective de 10 chantiers emblématiques et représentatifs de sa capacité à relever les plus grands défis. 2e acte : les scintillements de la Tour Eiffel en l'an 2000 et 2003.

Poser 20 000 ampoules pour faire scintiller à l'occasion du passage l'an 2000 le plus célèbre monument de France, c'est le nouveau défi que s'apprêtent à relever les équipes de JARNIAS en cette fin 1999. Ce scintillement devra être mis en place en moins de trois mois pour célébrer le passage au 3e millénaire. Il s'inscrira dans un ensemble comprenant l'illumination déjà mise en place (l'éclairage jaune orangé placé à l'intérieur des structures de la tour, composé d’un dispositif de 352 projecteurs au sodium) et le "phare" : deux faisceaux lumineux tournant à la manière d’un phare rappelant ainsi le projet initial de Gustave Eiffel et balayant le ciel parisien jusqu’à une distance de 80 kilomètres. 
De septembre à décembre, une vingtaine de cordistes grimpent sur le monument et installe l'ensemble d'un dispositif hors norme : 20 000 ampoules à baïonnettes, pesant en tout près de 8 tonnes, 800 guirlandes électriques de 25 kg chacune en moyenne, pour une longueur de 18 km en tout. 60 000 colliers souples pour fixer les câbles, 20 000 attaches, 3 kilomètres de cornières, 230 armoires électriques et 30 kilomètres de câbles d'alimentation, 400 kW de puissance (autant que l'illumination). 
Mais à quelques jours du Nouvel An, une tempête désormais tristement célèbre traverse l'Europe et s'abat sur Paris (deux cyclones extratropicaux de type bombe, extrêmement puissants et nommés respectivement Lothar et Martin,). La vitesse du vent mesuré le 26 décembre au sommet de la tour Eiffel est de 216 km/h (Anémomètre bloqué à son maximum, vitesse du vent probablement plus élevée). Les dégâts dans la capitale sont immenses et, sur le monument, c'est près d'un tiers du scintillement qui est endommagé. Les équipes de JARNIAS mènent alors une véritable opération "commando" : en quelques jours elles vérifient, sécurisent et remettent en place l'ensemble de l'opération. Le 31 décembre 1999 à minuit, le monde entier découvre, émerveillé, le scintillement de la Tour Eiffel. Ce scintillement "provisoire" durera 2 ans. 

En 2002, un projet de scintillement définitif prévu pour durer 10 ans est engagé et JARNIAS remporte l'appel d'offres pour sa mise en place. En neuf mois, c'est plus de 200 000 pièces détachées (42 supports différents, dont des pièces uniques conçues pour résister à des vents de 250 km/h) qui sont conçues, testées, fabriquées et posées. Un chantier énorme avec notamment la pose de 20 000 lampes à éclats (5 000 par face) fixées à la main une par une, 40 kilomètres de guirlandes lumineuses et câbles d’alimentation, 40 000 attaches et 80 000 pièces métalliques diverses, soit 60 tonnes de serrureries et pièces métalliques, 230 armoires et coffrets d’alimentation, 10 000 m2 de filets de sécurité et une puissance de 120 kW. L'opération s'achève en juin 2003 à l'occasion de la fête de la musique. Le scintillement anime le monument 5 minutes au début de chaque heure une fois que la tour est éclairée, jusqu’à 1h du matin. Pour clore le spectacle, en point d’orgue, de 1h à 1h10 du matin, l’éclairage doré s’éteint laissant la place au seul scintillement.
Ce 2e scintillement qui devait durer 10 ans est toujours en place 15 ans après son installation. Une longévité attribuable au passage de la durée de scintillement de 10 à 5 minutes par heure (décidée en 2008 pour réduire la consommation d'énergie) et à la qualité et à la pérennité du dispositif mise en place par JARNIAS.

Les autres grands moments d'illumination de la Tour : 
La tour Eiffel a de tout temps été l’objet d’une mise en lumière à caractère festif. Au travers des renouvellements constants des sources d'illumination artificielle, la tour a aussi depuis l’origine profité des dernières innovations en matière d'éclairage : du gaz à l'électricité, des lampes à incandescence à celles au néon en passant par celles au sodium à haute pression, et récemment les leds. 
1889 : Le soir de son inauguration, 10 000 becs de gaz soulignent les arbalétriers et les plates-formes. Deux projecteurs au sommet éclairent les monuments de Paris. Le phare bleu-blanc-rouge du sommet est le plus puissant du monde.
1900 : L’éclairage devient électrique. 5 000 ampoules dessinent les arêtes et les arcs décoratifs de la Tour.
1907 : Une horloge géante de 6 mètres installée au deuxième étage donne l’heure en chiffres lumineux.
1925-1936 : Grâce à André Citroën, une féerie lumineuse de 250 000 ampoules de couleur habille le monument. Le nom de Citroën inscrit sur trois faces se voyait à 40 kilomètres à la ronde.
1933-1934 : Une horloge de 15 mètres de diamètre indique l’heure grâce à des aiguilles formées de rayons lumineux. Elle est placée dans le « E » de Citroën.
1937 : Pour l’Exposition des Arts et Techniques, un lustre gigantesque réalisé avec 10 km de tubes fluorescents est installé sous le premier étage. 30 projecteurs de marine habillent la tour d’une lumière blanche.


Pour tout savoir la Tour EIFFEL, le monument le plus visité au monde (7 millions de visiteurs chaque année) : www.toureiffel.paris/fr